Agence Info Libre, une vidéo montre un enfant de 14 ans en train d’être gazé et frappé dans un centre de détention pour enfants.

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Un enfant torturé en Australie dans un centre de détention

Le gouvernement australien vient de lancer une enquête visant les centres de détention pour enfants. Cette enquête intervient suite à l’apparition de vidéos montrant des enfants en train d’être battus, gazés (gaz lacrymogène) et visiblement obligés de se mettre nus. Le tout sous les rires des gardiens.

La vidéo obtenue par l’émission « Four Corners » montre un enfant de 14ans en train d’être cagoulé, frappé et attaché à une chaise pendant presque deux heures, ce qui peut être considéré comme étant un cas de torture si l’on se base aux conditions fixées par l’ONU en la matière.
Malcolm Turnbull, le premier ministre australien, s’est dit choqué par les pratiques en cours au sein du centre de détention pour jeunes Don Dale.
Lors du lancement de l’enquête par la « commission royale » avec le concours du gouvernement des territoires du Nord, il a déclaré :  « Tous les australiens ont été choqués et consternés par les images de mauvais traitements sur les enfants du centre de détention ».
« Dans notre système judiciaire, tous les enfants doivent être traités avec humanité et respect. Et ce tout le temps ».
M. Turnbull a réclamé une enquête approfondie afin de savoir exactement ce qu’il s’était passé et « pourquoi ces faits sont restés cachés pendant si longtemps », même si, il est vrai, des associations de protection des droits de l’homme ont depuis plusieurs années dénoncé des mauvais traitements dans les prisons haute sécurité pour jeunes.
Mais une nouvelle vidéo, filmée entre 2010 & 2015, contredit en tout cas la version officielle des faits vu que nous y constatons des faits de tortures précédents.
Lorsque les six enfants de Don Dale ont été gazés en Août 2014, les représentants du gouvernement avaient alors dit que les gardes avaient été contraints d’en arriver là car les enfants concernés cherchaient à organiser une émeute afin de s’échapper.
Mais les vidéos prises alors par les équipes de gardes montrent qu’un seul enfant était alors dans la cellule, en train de briser une lampe et d’enfoncer des fenêtres.
Les cinq autres garçons concernés étaient alors maintenus dans leurs cellules fermées lorsqu’ils ont été gazés par du gaz lacrymogène. La vidéo montre des gardes morts de rire alors que les enfants s’étouffaient et criaient. Un des enfants disant même qu’il n’arrivait plus a respirer.
On y entend un des gardes insulter l’enfant de 14 ans qui a essayé de s’échapper de « p… de crétin », le menaçant même de « pulvériser le petit merdeux » et d’appeler enfin ses collègues « à les gazer collectivement »
Dans une autre vidéo, on voit nettement un garde attraper un enfant de 13 ans et le jeter à travers la pièce dans son lit.
Le même enfant que l’on peut voir dans une autre vidéo être mis nu, maintenu face contre terre violemment par trois gardes d’un autre centre de détention après que ce dernier ait menacé de se faire du mal.
Dans une troisième vidéo, l’adolescent agé de 14 ans, fut contraint de rester en confinement attaché à une chaise avec une cagoule sur la tête.
La majorité des enfants impliqués semblent être des enfants autochtones australiens ou aborigènes. Ces derniers représentant même 97% des enfants détenu dans le Territoire du Nord.
Julian Cleary, représentants les droits des indigènes au sein d’Amnesty International Australie a déclaré que son organisation avait à de nombreuses reprises dénoncer ces abus et montré que ce ne sont donc pas des cas isolés.
Nigel Scullion, ministre australien aux affaires autochtones a demandé à ce que les officiers fassent face à ces accusations criminelles.
« Ils savaient… que leur comportement n’était pas clair du tout, et c’est mal, mais ils savaient également qu’ils ne risquaient rien » a t’il dit. « Telle est la culture de l’omerta, telle est la culture de la violence ».
L’agence pour l’enfant de l’ONU s’est déclarée « très concernée » par ce qu’elle nomme un traitement inhumain.
Une déclaration de l’UNICEF déclare que l’utilisation de périodes de confinement solitaire, les fouilles à nu et l’utilisation injustifiée de la force peuvent être considérées comme étant des cas de torture par le gouvernement, gouvernement chargé justement de leur protection.
Un spécialiste a déclaré que ce traitement peut amener anxiété, dépression, insomnie, psychose, une extrême paranoïa et des retards cognitifs et psychologiques.
« Les enfants ayant maille à partir avec la Justice doivent malgré tout être traité en enfant en premier et avant tout autre chose » a t’il ajouté.
En tant que signataires de la convention des droits de l’enfant et de la Convention Internationale pour les droits civils et politiques, le gouvernement australien est contraint par les textes internationaux à n’avoir recours à la détention d’enfants qu’en dernier recours et ces derniers devront être traités avec dignité et respect.
L’année dernière déjà, le Centre de Détention pour jeunes de Don Dale avait, lors d’un audit commandé par la commission à l’enfance du territoire du Nord, fait l’objet d’accusations d’utilisations excessives des mesures de confinements et d’usage inapproprié de la rétention.

Traduction effectuée par l’équipe de l’AGENCE INFO LIBRE.
Article original de THE INDEPENDENT ici

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