Sevrage 101 sur Franchement Santé de Jean Yves Dionne

by Neptunya | 1 mai 2015 17 h 49 min

franchementsante[1]On me contacte souvent pour savoir comment faire pour se sevrer de somnifères, anxiolytiques (anti-anxiété) ou antidépresseurs. L’usage de ces médicaments (si utiles soient-ils) entraine certains problèmes, dont la dépendance n’est pas le moindre. Lorsque le besoin d’un antidépresseur ou d’un anxiolytique n’est plus, il est logique de vouloir passer à autre chose, mais un arrêt de but en blanc ne se fait pas sans en subir les conséquences, parfois sérieuses.

Longtemps contestés, les effets d’un sevrage rapide sont sérieux.(1) Ces effets comprennent, entre autres, le retour des symptômes de dépression, l’agitation et l’insomnie, des symptômes très réels qui peuvent durer longtemps. Il faut donc y aller doucement et prendre des précautions. La suite sur Franchement Santé de Jean Yves Dionne[2]

Trois conseils de base pour un sevrage en douceur

Conseil #1: N’hésitez pas à en parler à votre pharmacien. Il (ou, le plus souvent, elle, puisqu’il y a plus de pharmaciennes que de pharmaciens ;-) ) connait non seulement les médicaments, mais aussi, et surtout, votre dossier pharmacologique. Il (ou elle) pourra vous guider durant les étapes de transition.

Conseil #2: Lentement, mais surement. La pire chose à faire est de vouloir aller trop vite. Vous devez écouter votre ressenti. Si une réduction trop rapide du dosage vous cause de effets négatifs, remontez à la dose antérieure et attendez une semaine de plus.

Conseil #3: Chaque réduction réussie est un succès. Si vous ne vous rendez pas à zéro (sans médicament), ce n’est pas un échec. Certaines personnes ayant utilisé des antidépresseurs durant des années ne sont pas capables de les cesser complètement. La seule chose qui importe est l’amélioration de votre état. Êtes-vous mieux? Si la réponse est oui: je vous dis bravo!

Préliminaire

Avant de réduire la dose des médicaments, il faut penser à renforcer votre système. Idéalement, environ 2 semaines avant le début du sevrage, commencez à prendre certains suppléments qui sont connus pour aider le système nerveux.

Combien de temps?

Les naturopathes ont un adage qui s’applique très bien ici: «Pour chaque année de maladie (ou d’usage d’un médicament), il faut compter un mois de traitement (ou de sevrage).» Sans être précis, cet énoncé met en perspective la notion de durée. Certes, à l’origine, il s’applique au traitement des maladies chroniques, mais ici, il permet de désamorcer l’attente irréaliste de réussir à se débarrasser d’un médicament en quelques jours.

Réduire la dose

Pour chaque médicament, il faut s’assurer que la forme est sécable, c’est-à-dire qu’on peut fractionner la dose (couper la pilule). S’il s’agit de capsules, on doit alors se procurer des dosages plus faibles (par exemple, au lieu de capsules de 100mg, demandez des capsules de 50mg et/ou de 25mg pour pouvoir ajuster le dosage). Si des capsules à plus faibles dosages ne sont pas disponibles, il faut réduire la quantité de poudre par capsule. Certains pharmaciens sont équipés pour effectuer précisément cette opération.

Lorsqu’on est prêt, on commence à diminuer graduellement, par petites étapes.

1ère étape: Diminuez du quart (1/4) la dose du médicament. Si le dosage est très élevé, commencez par une réduction d’un huitième (1/8). Conservez cette dose jusqu’à ce que vous vous sentiez bien à ce dosage. Cela prendra au moins 1 semaine, plus probablement 2 semaines, ou même plus.

2ème étape: Diminuer d’un autre quart (ou huitième) de dose et conservez cette dose le temps nécessaire pour vous y habituer.

N’oubliez pas que si vous ne vous sentez pas bien lors d’une diminution de dosage, si vous percevez que cette réduction est trop pour vous, revenez à la dose antérieure jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux. Vous pourrez alors réduire à nouveau, peut-être en y allant plus graduellement (par exemple, couper de 1/8 au lieu de 1/4).

Continuez ainsi jusqu’au sevrage complet ou jusqu’au dosage minimum auquel vous vous sentez bien.

Nombre de prises par jour

Si vous prenez un même médicament plusieurs fois par jour, ne diminuez qu’une prise à la fois. Si ce médicament est plus calmant que stimulant, commencez par réduire la première dose de la journée. Si ce médicament est plus stimulant que calmant, comme c’est le cas pour certains antidépresseurs, réduisez en premier la dose du soir.

N’oubliez pas…

Rappelez-vous des 3 conseils de base:

Le sevrage est possible, mais il est important le faire comme il faut. Le but n’est pas nécessairement l’arrêt complet du médicament, mais plutôt l’amélioration de votre qualité de vie.

Santé!

Références:

  1. Fava GA, Gatti A, Belaise C, Guidi J, Offidani E. Withdrawal Symptoms after Selective Serotonin Reuptake Inhibitor Discontinuation: A Systematic Review. Psychother Psychosom. 2015 Feb 21;84(2):72-81. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 25721705. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25721705[4]
  2. Pudell C, Vicente BA, Delattre AM, Carabelli B, Mori MA, Suchecki D, Machado RB, Zanata SM, Visentainer JV, de Oliveira Santos Junior O, Lima MM, Ferraz AC. Fish oil improves anxiety-like, depressive-like and cognitive behaviors in olfactory bulbectomised rats. Eur J Neurosci. 2014 Jan;39(2):266-74. doi: 10.1111/ejn.12406PubMed PMID: 24191918. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24191918[5]
  3. Lespérance F, Frasure-Smith N, St-André E, Turecki G, Lespérance P, Wisniewski SR. The efficacy of omega-3 supplementation for major depression: a randomized controlled trial. J Clin Psychiatry. 2010 Jun 15. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 20584525. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20584525[6]
  4. Lucas M, Asselin G, Mérette C, Poulin MJ, Dodin S. Ethyl-eicosapentaenoic acid for the treatment of psychological distress and depressive symptoms in middle-aged women: a double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial. Am J Clin Nutr. 2009 Feb;89(2):641-51. PubMed PMID: 19116322. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19116322[7]
  5. Lewis JE, Tiozzo E, Melillo AB, Leonard S, Chen L, Mendez A, Woolger JM, Konefal J. The effect of methylated vitamin B complex on depressive and anxiety symptoms and quality of life in adults with depression. ISRN Psychiatry. 2013 Jan 21;2013:621453. doi: 10.1155/2013/621453. Print 2013. PubMed PMID: 23738221; PubMed Central PMCID: PMC3658370. (texte complet accessible gratuitement) http://www.hindawi.com/isrn/psychiatry/2013/621453/[8]
  6. Kennedy DO, Veasey R, Watson A, Dodd F, Jones E, Maggini S, Haskell CF. Effects of high-dose B vitamin complex with vitamin C and minerals on subjective mood and performance in healthy males. Psychopharmacology (Berl). 2010 Jul;211(1):55-68. doi: 10.1007/s00213-010-1870-3. Epub 2010 May 8. PubMed PMID: 20454891; PubMed Central PMCID: PMC2885294. (texte complet accessible gratuitement) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2885294/[9]
  7. Pipingas A, Camfield DA, Stough C, Cox KH, Fogg E, Tiplady B, Sarris J, White DJ, Sali A, Wetherell MA, Scholey AB. The effects of multivitamin supplementation on mood and general well-being in healthy young adults. A laboratory and at-home mobile phone assessment. Appetite. 2013 Oct;69:123-36. doi: 10.1016/j.appet.2013.05.016. Epub 2013 May 30. PubMed PMID: 23727255. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23727255[10]
  8. Shaffer JA, Edmondson D, Wasson LT, Falzon L, Homma K, Ezeokoli N, Li P, Davidson KW. Vitamin D supplementation for depressive symptoms: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Psychosom Med. 2014 Apr;76(3):190-6. doi: 10.1097/PSY.0000000000000044. PubMed PMID: 24632894; PubMed Central PMCID: PMC4008710. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24632894[11]

Photo: RayNata

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Endnotes:
  1. [Image]: http://neptunya.fr/wp-content/uploads/2013/11/franchementsante.jpg
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  3. http://www.jydionne.com/des-omegas-3-de-poisson-contre-la-depression-majeure/: http://www.jydionne.com/des-omegas-3-de-poisson-contre-la-depression-majeure/
  4. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25721705: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25721705
  5. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24191918: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24191918
  6. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20584525: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20584525
  7. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19116322: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19116322
  8. http://www.hindawi.com/isrn/psychiatry/2013/621453/: http://www.hindawi.com/isrn/psychiatry/2013/621453/
  9. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2885294/: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2885294/
  10. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23727255: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23727255
  11. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24632894: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24632894

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