Fluor: faut-il en boire?

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franchementsanteAppliqué sur les dents, le fluor renforce l’émail. Par contre, certains affirment qu’on devrait en ajouter à l’eau de nos aqueducs. Est-ce bon pour la santé? Encore un très bon article de Jean Yves Dionne . (site gouvernementale de la qualité des eaux en France.)

Historique

Jusqu’au début des années 1980, des comprimés de fluorure de sodium étaient prescrits pour traiter l’ostéoporose. Il est vrai que le fluor a la capacité de se fixer dans les tissus calcifiés (les os et les dents) et de les durcir. Les os des femmes qui prenaient du fluor devenaient rapidement très denses et très opaques à la radiographie. Génial! Oui mais… Au fur et à mesure que la densité augmentait, le risque de fracture augmentait encore plus! Le fluor rendait donc les os plus durs ET plus cassants. C’est pourquoi Santé Canada a retiré le fluor des tablettes.

Plus récemment, le fluor a été ajouté dans les multivitamines pour enfants. Au milieu des années 1990, les pédiatres canadiens ont cessé d’encourager cette pratique. L’ajout de fluorure dans les multivitamines n’entrainait pas vraiment de réduction des caries, mais il augmentait de façon importante la fluorose, ces taches blanchâtres sur les dents. Les bénéfices prévus n’étant pas au rendez-vous, le fluor disparut des multivitamines pour enfants. À l’époque, on suspectait aussi le fluor de provoquer d’autres méfaits, mais comme ceux-ci n’étaient pas suffisamment démontrés, on n’en parla pas.

Fluoration de l’eau

Depuis les années 1940, plusieurs municipalités nord-américaines ont ajouté des fluorures dans l’eau potable en prétendant que cette consommation diminuait la carie dentaire chez les enfants.

Par contre, sur les bases de la toxicité chronique du fluor, plusieurs pays européens ont interdit la fluoration de l’eau.(1) D’ailleurs, dans certaines communautés, le fluor naturellement présent est un problème de taille. Ces communautés déploient des efforts constants pour l’éliminer de l’eau potable.(2)

Les tenants de la fluoration

Dans une revue systématique, C.A. Yeung affirme que la fluoration de l’eau a des effets positifs sur les dents. Par contre, malgré le nombre important de publications recensées (5418), l’auteur n’arrive pas à chiffrer la prétendue réduction de caries dentaires.(3)

Il faut aussi savoir que, dans plusieurs études faisant l’éloge de la fluoration de l’eau, on a comparé des communautés au statut socioéconomique élevé où l’eau était fluorée avec des communautés plus pauvres, sans fluoration. LE facteur le plus important pour la santé des dents demeure, encore et toujours, le statut socioéconomique (qui entraine une meilleure alimentation, une meilleure hygiène). Le fluor a-t-il amélioré les résultats? Fort probablement pas.

Les opposants à la fluoration

Le regroupement Fluoride Action Network aux États Unis et le International Society for Fluoride Research s’opposent à la fluoration de l’eau.

Sur le site du Fluoride Action Network, on peut lire une lettre de Dr. Hardy Limeback, BSc, PhD, DDS et ex-Président de la Canadian Association for Dental Research. Il y affirme, documentation à l’appui, que la fluoration de l’eau est une erreur, que la toxicité du fluor est cumulative, et surtout que le taux de caries en Amérique du Nord est tellement faible qu’il devient impossible de mesurer l’effet du fluor dans l’eau. De plus, il confirme que les principaux facteurs pour la santé des dents sont l’hygiène dentaire et l’alimentation.(4)

Question de dosage

Plusieurs tenants de la fluoration de l’eau calculent que le fluor est sécuritaire à des concentrations de 0,7 ppm à 4 ppm (ce qui correspond à 0,7 à 4 mg par litre). Le problème de cette approche est qu’elle ne tient pas compte de la quantité d’eau consommée. Ainsi, une personne qui ne consomme que très peu d’eau n’absorbera que très peu de fluor. Par contre, une personne qui consomme plus de 2 litres d’eau par jour pourra avaler plus 8 mg de fluor chaque jour de sa vie!

Un pavé dans la mare

Le hic est que le fluor ne s’accumule pas uniquement dans les tissus calcifiés: il est aussi stocké dans le système nerveux. Par exemple, sur le site de Second Look, on apprend que des recherches, depuis 1997, montrent que la glande pituitaire se calcifie et concentre les fluorures.(5) Cette accumulation entraine un ralentissement, un vieillissement prématuré et un dysfonctionnement glandulaire.

Tout récemment, la revue scientifique Lancet Neurology a publié les travaux de deux chercheurs sur les neurotoxines. Dans ce document, il est bien sûr question des pesticides, du fameux BPA et d’autres toxines, dont le fluor. Le propos des Dr Grandjean et Landrigan porte surtout sur les effets neurocomportementaux de ces toxines. En effet, plusieurs toxines affectent le comportement et le développement du cerveau. Plus ces substances sont présentes tôt dans la vie des enfants (nourrisson ou même in utero chez maman), plus ces effets sont graves. Vous serez peut-être surpris d’apprendre que ces chercheurs classent sur un même pied d’égalité le DDT et le fluor!(6) En 2012, ils ont d’ailleurs identifié l’effet neurotoxique du fluor en démontrant que l’exposition au fluor affecte l’intelligence.(7)

Le fluor ne joue aucun rôle biologique dans le corps humain; il n’est impliqué dans aucune fonction cellulaire ou enzymatique. On se demande bien pourquoi on cherche régulièrement à nous convaincre de ses bienfaits…

Santé!

 

Références:

  1. Is fluoride considered a poison in most European countries? Par Julia Layton
  2. Jagtap S, Yenkie MK, Labhsetwar N, Rayalu S. Fluoride in drinking water and defluoridation of water. Chem Rev. 2012 Apr 11;112(4):2454-66. doi: 10.1021/cr2002855. Review. PubMed PMID: 22303811.
  3. Yeung CA. A systematic review of the efficacy and safety of fluoridation. Evid Based Dent. 2008;9(2):39-43. doi: 10.1038/sj.ebd.6400578. PubMed PMID: 18584000.
  4. Limeback H. Why I am now officially opposed to adding fluoride to drinking water.
  5. Luke J. The Effect of Fluoride on the Physiology of the Pineal Gland
  6. Grandjean P, Landrigan PJ. Neurobehavioural effects of developmental toxicity. Lancet Neurol. 2014 Mar;13(3):330-338. doi: 10.1016/S1474-4422(13)70278-3. Review. PubMed PMID: 24556010.  (accessible http://download.thelancet.com/pdfs/journals/laneur/PIIS1474442213702783.pdf )
  7. Choi AL, Sun G, Zhang Y, Grandjean P. Developmental fluoride neurotoxicity: a systematic review and meta-analysis. Environ Health Perspect. 2012; 120: 1362–68.

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