Le génie de la Chine- Institut Wanxiang

Imprimez l'article

Le rythme circadien du corps – IIème siècle av. J.-C.

Durant les années 1960, l’hypothèse que le corps pourrait fonctionner au rythme d’horloges biologiques était téméraire ou aberrante pour de nombreux scientifiques. Médecins et biologistes risquaient leur réputation à soutenir une telle affirmation. Depuis lors, des centaines de milliers d’hommes de science dans le monde étudient régulièrement ces « horloges biologiques », dont l’existence est aujourd’hui universellement admise.
On les connaît sous le nom de rythmes circadiens, du latin circa diem, « journalier ». La plupart des rythmes corporels, liés en règle générale aux sécrétions hormonales, sont approximativement de vingt-quatre heures. La glande pinéale, située dans la boîte crânienne, serait l’horloge biologique de référence. De fait, des expériences menées à l’Université du Texas ont démontré que des glandes pinéales de poulets isolées in vitro ont continué à fonctionner quatre jours entiers comme horloges biologiques.
La menstruation, avec l’ovulation, constitue certainement l’un des rythmes corporels les plus évidents. Deux mille deux cents ans avant que des scientifiques occidentaux se risquent à passer pour des excentriques en émettant l’hypothèse de rythmes journaliers dans le corps, les Chinois les avaient observés et admis.

Dans le Huang Di Nei Jing, on trouve le passage suivant :
« Les gens qui souffrent du foie sont actifs et alertes tôt le matin. Leur énergie croît dans la soirée et, à minuit, ils sont calmes […] Ceux qui souffrent du cœur sont vifs et alertes à midi, leur énergie croît à minuit et, le matin, ils sont calmes […] Ceux qui souffrent de la rate sont vifs et alertes au coucher du soleil, leur énergie croît à l’aube et, vers le soir, ils deviennent calmes […] Ceux qui souffrent des poumons sont vifs et animés le soir, leur énergie croît à midi et ils sont calmes et silencieux à minuit […] Ceux qui souffrent des reins sont vifs et alertes à minuit, leur énergie prend son essor tout au long des journées des derniers mois du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver ; ils deviennent calmes à l’approche du coucher du soleil. »
La pratique médicale moderne a mis en évidence d’importantes variations dans l’intensité des symptômes selon les moments de la journée. On a découvert, par exemple, qu’entre 21 heures et minuit les manifestations de la maladie de Parkinson disparaissaient. De même la crise d’asthme atteint généralement son paroxysme pendant la nuit, au moment où les sécrétions hormonales d’adrénaline sont à leur minimum. La choléocystite (inflammation de la vésicule biliaire) s’intensifie régulièrement aux petites heures du matin. La fièvre et la température du corps augmentent le soir et notre seuil de sensibilité à la douleur change selon les moments de la journée ou de la nuit. Ces phénomènes sont le résultat manifeste des rythmes circadiens.
La science de l’acupuncture, dont les origines remonteraient à 1500 voire 1800 avant notre ère, se pratique elle aussi en tenant compte des rythmes circadiens, comme l’illustre le titre d’un célèbre manuel d’acupuncture de la Chine antique, le Manuel de Midi et de Minuit. Un autre ouvrage au titre révélateur traitant du même sujet, Mnémorime pour aider au choix des points d’acupuncture selon les cycles circadien, mensuel et saisonnier, aurait été publié selon certains en 419 après J.-C., mais il daterait plus vraisemblablement de l’an 930.

La médecine chinoise a répertorié nombre d’autres cycles en dehors des rythmes circadiens. Certains sont évidents, d’autres imperceptibles. En médecine moderne, on admet généralement que l’ulcère duodénal a une périodicité de 139 jours et la maladie de Hodgkin de 21 jours, par exemple. Les praticiens chinois ont observé correctement un certain nombre de ces rythmes. Hélas, certaines de leurs évaluations relèvent plutôt de la numérologie, laquelle n’est pas scientifique mais symbolique. Le plus étonnant reste l’intuition même des rythmes circadiens, qui, aujourd’hui encore, ne sont pas entièrement expliqués.

{Source : Le génie de la chine – 3000 ans de découvertes de Robert Temple}

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.