RESISTANCE DU LIBAN Par LIESI

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16 décembre – Le Liban est un pays qui a beaucoup souffert d’une guerre civile dévastatrice (1975-1990) et qui s’est traduite par la destruction de ses infrastructures. Du fait de la reconstruction, sa dette est colossale : près de 145% du PIB, l’un des taux les plus élevés au monde. Dernier point et non des moindres : une corruption endémique. A cela se sont ajoutées des hordes de réfugiés de la Syrie voisine : plus d’un million de réfugiés, ce qui a incontestablement eu un impact négatif sur la croissance, passée de « 8% par an à une moyenne de 1 à 2% » après 2011. On chiffre le coût de la guerre en Syrie pour le Liban à plus d’un milliard de dollars.

Quand le 4 novembre, le Premier ministre libanais a annoncé sa démission en Arabie saoudite, au motif que le puissant mouvement chiite du Hezbollah avait la haute main sur le pays, les nuages noirs sont rapidement venus de placer au-dessus du Liban et d’aucuns avaient toutes les raisons de s’inquiéter de son économie. Parallèlement, les menaces des Saoudiens comme celles des sionistes, violant l’espace aérien à plusieurs reprises, se sont manifestées.
Puis, pratiquement un mois plus tard, le Premier ministre libanais est revenu sur sa décision.
Une décision qui a permis un retour rapide de la confiance.

Si une telle décision n’était pas survenue, quel serait le niveau de livre libanaise ? Ajoutons que le prince saoudien n’a pas mis à exécution la menace de contraindre de riches hommes d’affaires à retirer leurs avoirs du Liban.
Y a t-il eu pression de la diaspora libanaise, influente puisqu’elle pèserait huit milliards de dollars en 2017.

L’économie de ce petit pays est extrêmement fragile et dépend de la stabilité politique. Heureusement, la banque centrale libanaise a parfaitement joué la partition dans cette série d’épisodes hasardeux. Selon son directeur, Riad Salamé, l’annonce récente du Premier ministre libanais devrait contribuer à relancer la confiance.

« Les liquidités pour financer l’économie sont toujours disponibles car nous avons maintenu la stabilité monétaire (…) et je pense même qu’après cette crise, il y aura plus de confiance ».

« Le coût de la crise a été la hausse des taux d’intérêt sur la livre libanaise mais la récompense a été que le pays a montré une fois de plus une résilience et que nos politiques monétaires étaient correctes », a ajouté M. Salamé, au siège de la Banque du Liban (BDL).

Durant cette période houleuse, les taux ont certes remonté mais de manière très faible, passant de 6 à 7% sur les dépôts, à 8-9%. Rappelons que la livre libanaise est indexée sur le dollar. Aussi, tandis que le Prince saoudien avait les projecteurs sur sa personne et ordonnait des purges massive, la Banque centrale a rapidement constitué d’importantes réserves en dollars américains.

La gestion de ces réserves a été remarquablement bien faite par Riad Salamé, à la tête de la banque centrale libanaise depuis 24 ans et qui a été classé deux fois meilleur gouverneur de banque centrale au monde par le magazine Euromoney.

En permettant l’auto financement de l’économie et dans une perspective de crise qui n’a pas duré très longtemps, il n’y a guère de conséquence. Les importantes liquidités ont soutenu l’économie et garanti la stabilité bancaire. Au Liban, le secteur bancaire est important par rapport à l’économie : les actifs des banques pèsent plus de 200 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le PIB (environ 47,5 milliards).

Il est donc raisonnable de considérer cette crise récente et brève comme une «crise psychologique».

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