Respecter les désirs de l’autre -Institut Wanxiang

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« Je ne ferai jamais à une personne ce qu’elle ne veut pas qu’on lui fasse. »

« Ils nous remercieront plus tard. » « Si on les laisse faire, c’est la catastrophe. » « Elles commencent toujours par dire non. »
Nous pouvons avoir tendance à croire que certaines personnes ne savent pas ce qui est bon pour elles. Nous nous permettons, dans certains cas, de leur forcer la main, en prétendant que nous ne faisons que défaire une résistance passagère. Cet argument se manifeste par exemple dans les cas suivants :
•    Lorsqu’un parent force un enfant ou un adolescent réticent à faire quelque chose ;
•    Lorsqu’un médecin impose un traitement à son patient ;
•    Lorsqu’une personne chargée de l’éducation d’une autre utilise des méthodes coercitives ;
•    Lorsqu’un peuple, un groupe social, ou un employeur par ex. qui s’estime supérieur, considère qu’il possède, de fait, le droit d’imposer sa conception du monde à un autre ;
Dans ces différents cas, la personne qui utilise la force se cache le fait qu’elle provoque de la souffrance en s’abritant derrière des motivations louables. Mais dans ces différents cas, elle s’abuse elle-même sur trois points :  https://www.institut-wanxiang.com/

1)    Il est faux que de subir la force, la pression et l’obligation peut être finalement positif. Quand je suis forcé à accomplir une tâche, ma résistance à cette tâche se renforce immanquablement. C’est une donnée naturelle qui ne peut être renversée qu’avec beaucoup de réflexion et de pratique : si on me pousse, je résiste ; si on me tire, je tire à mon tour. On utilise ce processus « tirer la queue de l’âne pour le faire avancer » en cas de résistance à un traitement… Ma résistance à la tâche m’empêche de comprendre son utilité, son bien-fondé, et les différentes méthodes possibles pour l’accomplir. Elle paralyse mon imagination, mon courage, mon envie. Au bout du compte, j’en sors frustré et avec un sentiment de rejet qui sera long à effacer. Il en va de même si je suis forcé à rentrer dans un moule social ou dans les valeurs d’une civilisation.
2)    Tout ce que désire la personne qui utilise la force, c’est obtenir un résultat immédiat et un avantage immédiat pour elle-même : dans le cas du parent ou de l’éducateur, éviter de remettre en question un mode éducatif qui ne fonctionne pas et obtenir immédiatement la réussite ou la tranquillité ; dans le cas du médecin, imposer un dogme et un traitement conforme à la règle et ainsi se dédouaner de toute responsabilité ; dans le cas du colon ou du « maître », utiliser immédiatement des ressources telles que celles de la terre ou celle de l’effort. {lire ou relire Ménager, pour ne pas payer plus tard}
3)    Enfin, la personne s’abuse même en ce qu’elle croit que ce profit immédiat est positif, même pour elle-même. En effet, elle a réduit sa capacité de coopération et sa capacité de voir à long terme ; elle a renforcé sa dépendance à la force et sa dépendance à des ressources extérieures ; enfin, elle s’est aliénée l’autre personne et l’ensemble de ceux qui se sentent du côté de l’autre personne. C’est ainsi que des parents s’étonnent que leurs enfants se montent contre eux, que des enseignants écrasent des vocations, que des médecins infantilisent le souffrant (patient, dérivé du mot latin patiens, signifiant « celui qui endure » ou « celui qui souffre »), que des peuples sont réduits à l’incapacité de se prendre en charge, que le monde occidental, qui a vécu de ses colonies, ne sait pas se suffire, et qu’il s’est aliéné 80% de l’humanité.
La Bible propose de ne pas faire à autrui ce que nous n’aimerions pas qu’on nous fasse. C’est une injonction qu’il serait préférable de respecter mais qui me semble difficile à suivre telle quelle parce que nous nous pensons toujours très différents des autres. Nous avons tendance à croire que ce qui est valide pour nous ne l’est pas pour l’autre et inversement (surtout si nous sommes abusés par des différences apparentes telles que supérieur / inférieur, homme / femme, adulte / enfant, etc.). Par contre, nous sommes toujours à même de juger ce que l’autre ne désire pas dans l’immédiat : non signifie NON, disent les féministes. Une personne qui ne désire pas faire quelque chose le manifeste et il est abusif de tourner autour de la manifestation de sa volonté ou de son refus. Nous sommes toujours en mesure de déterminer ce qu’une personne ne veut pas qu’on lui fasse ou qu’on lui fasse faire, et ceci quelle qu’elle soit : enfant, adolescent, femme, homme, employé, représentant d’un autre groupe que le sien propre, migrant.
Que toutes choses prospèrent en paix.
雷宓谐  dit Michel

 

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